De la cabine de l’interprète au cabinet de la

PSYCHOPRATICIENNE

Après des études de langues, j’ai obtenu le diplôme de l’ESIT (Ecole supérieure d’interprètes et de traducteurs) et ai exercé pendant plus de vingt ans le métier d’interprète de conférence. Depuis la cabine où j’étais installée, casque sur les oreilles, j’ai prêté ma voix à des hommes et des femmes qui s’exprimaient en russe, en espagnol ou en anglais ; j’ai également eu la chance de beaucoup voyager et de pouvoir observer de l’intérieur la manière dont se déroulent les négociations bilatérales ou multilatérales, comment elles viennent parfois à se gripper, qui joue le rôle du « gentil conciliant» et qui celui du « méchant intransigeant » et combien l’art du compromis, subtil et difficile,  nécessite du/de la président(e) de séance d’être aussi fin(e) diplomate que fin(e) psychologue. 

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De cette première partie de ma vie professionnelle je garde un sens particulier de l’écoute et de l’observation ainsi qu’un véritable amour des mots, ceux de la langue française comme des langues étrangères. Bien davantage qu’un moyen de communication, celles-ci représentent à mes yeux une ouverture sur d’autres cultures et par là-même, d’autres manières, différentes de la nôtre,  de penser et appréhender le monde dans lequel nous vivons.

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Lorsque jouer les « messagères de sens » entre des personnes parlant des langues différentes a commencé de perdre de son attrait et de son intérêt à mes yeux,  c’est la psychothérapie qui m’a aidée à trouver les clés dont j’avais besoin pour avancer à la rencontre de moi-même en même temps qu’au dévoilement du sens que je souhaitais donner à ma vie.

Au nombre de ces clés figure le scénario, concept phare de l’analyse transactionnelle, qui aide à comprendre ce qui nous arrive dans notre vie d’adulte à partir du sens mis par l’enfant que nous étions sur son vécu de petit(e) dans un monde de « grands ». Ce concept illustre bien comment face au non-sens des situations familiales auxquelles il est parfois confronté, l’enfant a besoin d’en créer : depuis sa hauteur de petit (qui implique nécessairement une vision des choses limitée), il fabrique son sens à lui, faisant ses propres interprétations de ce qu’il vit et voit se passer autour de lui pour sortir du non-sens comme il peut, car le non-sens rend fou. Sans en être conscients, devenus adultes, nous cherchons à organiser le monde de manière à justifier les interprétations, conclusions et décisions de l’enfant que nous étions.

Petit à petit, j’ai compris que le scénario peut receler une forte composante transgénérationnelle. C’est alors l’analyse transgénérationnelle, avec l’exploration de mon arbre généalogique,  qui m’a permis de mettre du sens sur la manière dont mon premier métier d’interprète s’inscrivait dans l’histoire familiale transgénérationnelle et en quoi il m’avait donné de la réparer.

Au fur et à mesure de mon cheminement, j’ai senti une envie, un désir germer et prendre corps en moi jusqu’à devenir une évidence : lâcher la cabine de l’interprète pour le cabinet de la psychopraticienne. J’ai alors entamé mon itinéraire de formation à la deuxième partie de ma vie professionnelle, tout en poursuivant un travail sur moi en profondeur.

S’il existe des points communs entre mon ancien et mon nouveau métier -l’écoute, la parole, le sens-, la différence entre les deux est de taille : aujourd’hui, je ne suis plus celle qui interprète en français le sens de ce qui est dit par un autre en russe, en espagnol ou en anglais. Aujourd’hui, j’accueille et écoute avec bienveillance, sans les juger, ceux et celles que leurs souffrances intimes mènent jusqu’à moi, et je les accompagne dans leur cheminement, à leur rythme, afin qu’ils/elles trouvent et mettent petit à petit leurs mots à eux, les seuls à avoir du sens au regard de leur histoire, sur les maux dont ils souffrent. Je les aide à panser/penser leurs blessures pour qu’ils se remettent en mouvement et repartent du côté de la vie et du vivant en eux. Je les aide à (re)devenir sujet de leur vie.

Avec le recul, il m’apparaît clairement que la quête de sens, conjuguée au besoin d’unification et de cohérence, est au cœur de ma vie et de ma vision du métier de psychopraticienne que j’exerce depuis bientôt neuf ans. C’est un beau métier, que j’aime et où je me sens à ma place ; un métier où chaque nouvelle personne rencontrée m’apprend toujours plus l’importance de l’humilité ; un métier qui relève à mes yeux d’une sorte d’artisanat relationnel où l’on pétrit la matière humaine ; un métier dont j’aime l’appellation à la résonance poétique lue sous la plume de Paul-Claude Racamier[1], psychiatre et psychanalyste français : « ravaudeur de vie psychique ».

[1] Paul-Claude RACAMIER, Le génie des origines. Ed. Payot, 1992 ; p. 298.

MON PARCOURS DE FORMATION (à ce jour [1])

 

  • 2004 – 2011 : cursus de formation à l’Ecole d’Analyse Transactionnelle de Paris 
  • 2008 – 2011 : cursus en analyse transgénérationnelle avec Christine Ulivucci, responsable de formation de l’Atelier de Recherche Transgénérationnelle 
  • 2009 – 2010 : formation en psychopathologie à Savoir Psy avec Geneviève Fribourg-Blanc, psychiatre et psychothérapeute
  • 2015 – 2017 : formation au mandala à Savoir Psy avec Elizabeth Leblanc-Coret, psychologue clinicienne et psychanalyste jungienne
  • 2016 : formation en psychopathologie (« Les grandes blessures psychologiques ») à Savoir Psy avec  Pierre Coret, psychiatre et psycho-analyste didacticien
  • 2017 : module de formation à l’animation de constellations familiales à Integralis avec Yann-Yves Mallet et Brigitte Onno Le Duc
  • 2019 : obtention du certificat de psychopraticien FF2P, pour le cursus de formation suivi à l’EAT Paris-Ile-de-France.

 

Par ailleurs, depuis 2004, je participe régulièrement à des séminaires de psychologie clinique et de psychopathologie proposés par l’Ecole d’Analyse Transactionnelle de Paris, ainsi qu’aux Séminaires Psychanalytiques de Paris

 

[1] « à ce jour » car continuer à me former à de nouveaux outils répond à ma curiosité naturelle et à ma soif d’apprendre en même temps que c’est enrichir ma manière d’accompagner ceux et celles qui travaillent avec moi.

 

 

 

Quand il m’est apparu que Pont-sur-Yonne s’abrège en PsY et se situe à proximité de Sens, j’ai compris que j’avais choisi le bon endroit où vivre et exercer mon métier.